21-07-2026 15:10 - Par A ou par B, Mariem Cheikh et Ghamou Achour doivent être exclues du Parlement
Arrêtées, jugées et condamnées à quatre ans de prison ferme sans que leur immunité parlementaire n’ait été levée, elles ont ensuite été rejugées en appel. La Cour a réduit les peines d’emprisonnement tout en ajoutant à la condamnation, la déchéance de droits politiques et civils.
La grâce présidentielle dont elles ont bénéficié n’a pas été étendue à la privation des droits politiques et civils.
Saisi afin de constater la vacance de leurs sièges en vue de leur remplacement, le Conseil constitutionnel a pourtant jugé qu’il était impossible de confirmer cette vacance. La conséquence est claire : elles demeurent, en droit, députées de la Nation.
Pourtant, elles ont été empêchées par les forces de l’ordre d’accéder à l’Assemblée nationale. Dans une confusion révélatrice, le président de l’Assemblée a répété pendant deux jours que cette interdiction ne relevait pas de sa responsabilité, allant jusqu’à déclarer que, si elles parvenaient à entrer dans l’enceinte du Parlement, il assurerait leur protection.
Lorsqu’elles ont finalement réussi à accéder à l’Assemblée, une crise au sein de l’hémicycle a conduit au report des deux séances programmées ce même jour.
Lorsqu’elles ont décidé d’observer un sit-in à l’Assemblée nationale, elles en ont été expulsées par la force.
Et ce 20 juillet 2026, la présidence de l’Assemblée nationale a annoncé en séance plénière qu’elles étaient sanctionnées par une exclusion temporaire.
La question demeure donc entière : sont-elles députées ou ne le sont-elles pas ?
Quelle infraction constitue le simple fait de demeurer dans l’enceinte de l’Assemblée nationale en dehors des heures de travail, comme l’affirme la résolution adoptée ce matin ? Faut-il rappeler qu’en 2008, à la suite du coup d’État dont l’actuel président de l’assemblée était un des auteurs, plusieurs parlementaires, dont moi-même, avions passé une journée et une nuit entière dans l’hémicycle pour protester contre le putsch, sans qu’aucune sanction disciplinaire ne soit prononcée ?
Que reste-t-il de la crédibilité de nos institutions lorsque celles-ci foulent aux pieds les décisions du Conseil constitutionnel, alors même qu’elles sont tenues de les respecter et de les faire respecter ?
Lorsqu’une décision du Conseil constitutionnel peut être ainsi ignorée, contournée ou vidée de sa portée par les institutions de la République, c’est l’État de droit lui-même qui vacille.
La démocratie est menacée, et notre pays court un grave danger.
Le 20/07/2026
Kadiata Malick Diallo
Députée à l’Assemblée nationale
